Le mercredi 10 février 2016, le communiqué du conseil des ministres de ce jour, informe l’opinion de la volonté du gouvernement de céder l’ensemble des activités de distribution de Petroci Holding à l’entreprise Puma Energy.

Des victimes des déchets toxiques manifestant le mercredi, 10 décembre 2014, devant l’Assemblée nationale, au Plateau, menaçant de reprendre la grève illimitée de la faim qu’ils avaient suspendue après une manifestation fin novembre devant le siège de la Haute autorité de la bonne gouvernance. Photo d'illustration
Des victimes des déchets toxiques manifestant le mercredi, 10 décembre 2014, devant l’Assemblée nationale, au Plateau, menaçant de reprendre la grève illimitée de la faim qu’ils avaient suspendue après une manifestation fin novembre devant le siège de la Haute autorité de la bonne gouvernance. Photo d’illustration

Cette décision pourrait sembler salutaire, au vu du résultat d’exploitation déficitaire de Petroci Holding au terme de l’exercice 2015, du fait de la chute des cours du pétrole brut, aggravé par les pertes de ses activités de distribution, si le futur acquéreur de la société anonyme à participation publique n’était pas Puma Energy.

Puma Energy est une filiale basée à Abidjan du Groupe Trafigura, qui en détient le capital à 100%. Toute l’opinion nationale et internationale est informée que ce groupe était le propriétaire des déchets toxiques déversés à Abidjan en août 2006, au quai Petroci du port d’Abidjan, et que sa filiale, Puma International, au moment des faits, devenue aujourd’hui Puma Energy, avait été le cerveau de l’organisation de l’arrivée des déchets sur les côtes ivoiriennes et de leur déversement à Abidjan. Cette société a été le pivot de cette tragédie. Elle a mis les divers acteurs au cœur de cet acte criminel (Tommy, Waibs et Trafigura) en relation et a assuré l’interface entre eux  et les autorités ivoiriennes.

Alors qu’est ce qui peut pousser Alassane Ouattara à refaire confiance à Trafigura, en lui cédant Petroci, quand des milliers de victimes, de l’action criminelle de cette multinationale, abandonnées et livrées à elles-même attendent réparation des préjudices subis, surtout que l’un de ses thèmes de campagne présidentielle en 2010 était: « Ne donne pas ta voix aux déchets toxiques »?

Cette question aurait été sujette à diverses spéculations, si le patron de Puma Energy n’était autre que Ahmadou Touré, neveu d’Alassane Ouattara. In fine, le Groupe Trafigura n’aura pas eu tort d’adapter la direction de sa filiale ivoirienne aux couleurs familiales de l’exécutif ivoirien.

L’appel du sang familial aura une fois encore triomphé de l’appel de la raison dans le projet de cession de Petroci Holding. Ainsi va la Côte d’Ivoire et bien évidemment Alassane Ouattara n’en est pas à son premier coup de maître en la matière, et non plus à son dernier.

Hervé Christ

Share

Réagissez à cet article

commentaires