Les six journalistes ivoiriens, interpellés et incarcérés depuis dimanche à Abidjan pour avoir publié des informations relatives à la mutinerie des Forces Spéciales de Côte d’Ivoire, ont été inculpés mardi de « divulgations de fausses nouvelles » et remis en liberté, a annoncé le Syndicat de la presse privée de Côte d’Ivoire.

Les six journalistes Ivoiriens ont été libérés cet après midi, mais restent inculpés.

Vamara Coulibaly, Yacouba Gbané et Franck Bamba Mamadou, respectivement directeurs des quotidiens ivoiriens l’Inter et Soir Info (indépendants), du Temps (FPI) et de Notre Voie (FPI), ont été inculpés « d’atteintes à la sureté de l’Etat, à l’incitation des militaires à l’insoumission et à la rébellion » a déclaré à l’AFP le responsable du Syndicat de la presse privée de Côte d’Ivoire, Guillaume Gbato.

Ces inculpations concernent également les collaborateurs de ces patrons, Hamadou Ziao (rédacteur en chef de l’Inter), Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le temps), arrêtés au même moment.
« C’est un soulagement, mais nous demandons l’abandon total de toutes les charges retenues contre nos confrères », a souligné M. Gbato.

Plusieurs associations de journalistes, nationales et internationales, et seul le politique Mamadou Koulibaly, président du parti Liberté et democratie pour la république (LIDER) avaient vivement protesté contre ces arrestations, déplorant respectivement une « atteinte flagrante à la liberté de la presse » et un acte « dangereux pour la démocratie et pour la République ».

Les journalistes ont été inculpés pour leur couverture de la récente mutinerie de soldats des Forces spéciales ivoiriennes qui s’étaient mutinés, il y a une semaine dans leur base d’Adiaké, à 90 km à l’est d’Abidjan, pour réclamer des primes. Ils avaient mis fin à leur mouvement deux jours plus tard.

Notons qu’ils ont passé deux jours aux mains de la Gendarmerie Nationale de Côte d’Ivoire, qui les a d’abord conduits au camp d’Agban (Adjamé Williamsville), puis à la Brigade de Recherches du Plateau, d’où ils devaient être, aux dires du Procureur de la République, déférés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), en attendant leur renvoi en Police Correctionnelle.

Cette mise en liberté constitue donc un soulagement pour eux et leurs familles respectives.

Rappelons que les Forces spéciales sont une unité d’élite de l’armée directement engagée dans la sécurité rapprochée du président ivoirien Alassane Ouattara.

Début janvier, la Côte d’Ivoire avait été secouée par une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée suite à la crise post-électorale de 2010, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes.
En répondant à leurs revendications, via le versement de primes à 8.500 de ces membres de l’ex-rébellion ayant contrôlé le nord du pays entre 2002 et 2011 pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara (l’actuel Président ivoirien), les autorités avaient provoqué la colère de militaires et gendarmes non concernés par cet accord, qui s’étaient à leur tour mutinés. Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

Il faut par ailleurs ajouter qu’à l’issue d’une conférence de presse qui s’est tenue ce Mardi 14 Février 2017, les Organisations professionnelles de la presse et des médias de Côte d’Ivoire ont annoncé le boycott de toute activité gouvernementale jusqu’à nouvel ordre.

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