L’agence de presse Reuters vient d’annoncer la fermeture, par le gouvernement ivoirien de la mine d’or de Gamina. Un rapport des experts de l’ONU avait révélé, en avril 2014, que depuis 2012, des ex-rebelles, sous les ordres du Lieutenant-Colonel Issiaka Ouattara dit »Wattao », exploitaient cette mine.

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Des prospecteurs d’or dans la mine d’or de Gamina, dans l’ouest de la Côte-d’Ivoire, le 17 Mars, 2015. Photo prise le 17 Mars 2015. (crédit REUTERS / Luc Gnago) via New York Post

Nichée entre des plantations de Cacao à l’ouest de la Côte d’Ivoire, la mine d’or de Gamina, bien que située à une centaine de mètres d’un post de contrôle tenu par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), n’a jamais été répertoriée sur aucune carte officielle de ressources minières de Côte d’Ivoire et ne bénéficie d’aucune licence d’exploitation. Seize mille personnes y travaillaient, pour un rendement annuel de 60 milliards de FCFA exempt d’impôts.

Malgré ces révélations faites par les experts de l’ONU, et les colossaux enjeux financiers mentionnés, l’Etat de Côte d’Ivoire a gardé longtemps le silence sur cette affaire, avant de se décider maintenant à fermer le site minier. Cette décision tardive, et pour le moins salutaire, s’apparente tout de même à un raccourci emprunté par le gouvernement d’Alassane Ouattara et pose la question de la responsabilité de celui-ci dans le pillage de ressources et la dégradation environnementale imputable à cette exploitation illicite.

Dans un Etat de droit, vu le grave préjudice financier et environnemental causé par cette exploitation mafieuse, on aurait fermé, dès les premières heures cette mine, et ouvert une enquête pour démanteler le réseau de trafiquants sans scrupules qui abusaient ainsi des ressources de la nation; surtout qu’un officier supérieur de l’armée nationale, en la personne de Wattao, a été indexé par le rapport d’experts de l’ONU, qui, toutefois, a démenti toute implication dans cette activité criminelle. Mais en Côte d’Ivoire, on a laissé faire encore longtemps, avant de se fendre d’un communiqué lapidaire pour annoncer la fermeture de la mine de Gamina. S’il apparaissait nécessaire qu’elle soit fermée, cette fermeture ne saurait être une condition suffisante à la réparation de l’énorme préjudice financier et environnemental subi par le contribuable ivoirien du fait de ces activités illicites d’exploitations.

Alors, si l’Etat ivoirien se refuse toute enquête sur cette affaire, il nous serait for aise de constater que Wattao contrôlait cette mine pour les intérêts d’un réseau de mafieux et de délinquants à col blanc, c’est à dire le gouvernement de Côte d’Ivoire avec à sa tête, le président Alassane Ouattara. Sinon comment expliquer cette tolérance à l’égard de ces activités de haute délinquance, si ce n’est la matérialisation d’une complicité évidente.

Nous suivrons donc cette affaire de près pour connaître la suite que les autorités ivoiriennes lui donneront.

Hervé Christ

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