Au Burkina Faso, la campagne de souscription nationale et internationale pour la construction du mémorial dédié au président Thomas Sankara a été lancée lundi dernier au stade de Ouagadougou devant des milliers de jeunes et en présence de l’ex-président ghanéen, Jerry Rawlings, et l’opposant ivoirien, le professeur Mamadou Koulibaly, président de Liberté et démocratie pour la république (LIDER).

Mamadou Koulibaly-Sankara-Roch
Le comité international pour le mémorial Thomas Sankara, au palais de Kosyam, pour le compte rendu final des activités de lancement de la campagne.

« Thomas Sankara est certes burkinabé, mais il appartient désormais à l’Afrique et à l’histoire. »  Ces propos sont ceux de Mamadou Koulibaly, à Kosyam, au palais présidentiel du Burkina, lors de la séance de compte rendu au président Roch Kaboré, au terme du meeting de lancement de la campagne de souscription, qui a tenu toutes ses promesses.

une inspiration pour la postérité

Le choix de la date du 02 octobre, pour le lancement de la campagne de souscription, n’est pas fortuit. En effet cette date rappelle un autre 02 octobre; celui de 1983. Date à laquelle Thomas Sankara prononçait son discours historique d’orientation politique (DOP). Pour le colonel Abdoul Salam Kaboré, ministre de la santé sous le Conseil national de la révolution, derrière l’idée du mémorial se cache une autre idée qui est que « la postérité a besoin de s’inspirer pour construire une Afrique libre et digne comme le voulait le Président Thomas Sankara ». Et réaliser l’édifice représente pour lui une façon d’immortaliser ses œuvres, lui rendre en partie de la justice en tant que « héros national », mais aussi et surtout « partager l’expérience de la révolution démocratique et populaire avec tous les héritiers et combattants d’une Afrique libre et digne ».

Le ministre de la culture Tahirou Barry souhaite lui aussi voir sortir de terre un mémorial « digne de ce nom », un « haut » lieu de souvenirs, de commémoration, de diffusion et de promotion de ses idéaux. Il a tenu un langage révolutionnaire qui a enflammé la salle. « Ceux qui ont tué Thomas Sankara, a-t-il dit,  ont certainement coupé l’arbre en oubliant les racines. Comme nous le savons tous, la force du baobab repose dans ses racines. Ceux qui ont tué Thomas Sankara ont oublié que l’éléphant peut mourir mais ces défenses demeurent… Ceux qui ont tué Thomas Sankara avec violence ont oublié que la violence du vent n’efface pas les traces du léopard. Quel que soit ce qu’ils ont fait, Thomas Sankara demeurera vivant à jamais  ».

un financement participatif

« Ce mémorial doit être citoyen », a indiqué Abdoul Salam Kaboré, président du comité d’organisation. Vu ainsi, « c’est vous les citoyens, qui doivent le construire de vos mains, de vos idées, de vos archives et de vos moyens financiers » a-t-il ajouté. « Si chacun donne 100 francs pour le mémorial, nous récoltons  1 milliard de francs CFA », dit-il. Et « si tous les révolutionnaires africains donnent 100 francs, nous sortirons le mémorial de terre », a-t-il ajouté. Des cotisations qui devraient selon lui permettre de récolter les  5 milliards de F CFA nécessaires pour la construction du mémorial.

le franc CFA s’invite dans les débats

L’opposant ivoirien Mamadou Koulibaly, membre du comité international pour le mémorial, a quant à lui rappelé la position de Thomas Sankara sur le franc CFA : « c’est un instrument de domination coloniale. Nos peuples doivent s’en débarrasser le plus tôt possible« . Il a donc souhaité profiter saisir l’occasion de la commémoration et de l’immortalisation du combat du visionnaire révolutionnaire Sankara, pour inciter le président Roch Kaboré à travailler auprès de ses pairs en vue de créer une dynamique pour la mise en place d’une nouvelle monnaie sous-régionale qui signera la fin du franc CFA.

La cérémonie s’est terminée par un grand concert animé par Sams’K Le Jah, Smockey, Didier Awadi, Ismaël Isaac et Djeneba Seck entre autres.

Retrouvez ci-dessous les images relatives à cette cérémonie.

Hervé Christ pour Leadernews

 

 

Share

Réagissez à cet article

commentaires