Fin de la trêve médiatique pour Mamadou Koulibaly, président de Liberté et démocratie pour le république (LIDER). Resté silencieux pendant près de deux mois, il a choisi l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux de son parti pour sortir de sa réserve. Il a abordé à cette occasion plusieurs thèmes dont l’affaire Guillaume Soro.

Mamadou Koulibaly. le 09 janvier 2015. à Lider House, au siège de LIDER, à Abidjan-Côte d'Ivoire
Mamadou Koulibaly. le 09 janvier 2015. à Lider House, au siège de LIDER, à Abidjan-Côte d’Ivoire. ©Leadernews

Mamadou Koulibaly s’est dit surpris que depuis le déclenchement de cette affaire aucune enquête parlementaire n’ait été ouverte pour « tirer cela au clair », et s’est interrogé si le parlement et l’Etat ivoirien étaient « d’accord avec cela », car pour lui « dans des affaires de ce genre, on met en place une commission d’enquête parlementaire. C’est tout. » Il a aussi estimé que la Côte d’ivoire doit « renouer avec le respect du voisinage » et qu’il ne revenait pas à l’Etat d’intervenir pour protéger tous ceux qui s’autoriseraient à aller fomenter des coups d’Etats dans les pays voisins.

Aussi le président de LIDER a-t-il saisi cette occasion pour revenir sur l’élection présidentielle d’octobre 2015. Pour lui, maintenir sa candidature à cette élection aurait été en porte-à-faux avec les décisions du dernier congrès de son parti; car « au Congrès, nous avions dit que nous n’irions aux élections que si les conditions d’une élection démocratique étaient remplies » a-t-il précisé. Mamadou Koulibaly a en outre estimé que LIDER avait fait une belle campagne, « même si elle n’a pas été conforme à ce que les autres appellent campagne. » Il s’est aussi félicité pour le taux d’abstention à ces élections, estimant que: « C’est un signal fort, les politiciens doivent en tenir compte. »

Intervenant sur la question de la révision constitutionnelle, Mamadou Koulibaly a déploré que le projet de nouvelle constitution de Ouattara « n’est pas pour donner plus de pouvoir aux populations comme celle proposée par LIDER pour l’instauration du régime parlementaire », estimant que « celle dont parle Ouattara, c’est pour accroître encore plus les pouvoirs du président pour mieux écraser les populations » et Ouattara calibrerait la Constitution pour lui-même.

Aussi n’a-t-il pas manqué de s’inviter au débat sur la question de la limitation des mandats présidentiels. Il s’est voulu alerte, sans langue de bois, sur les motivations qui pourraient sous-tendre une initiative de suppression de la clause de limitation des mandats de président de la république:

Il ne faut pas croire que si Ouattara le fait, c’est pour les générations futures. Ce serai très altruiste de sa part. On ne l’a pas vu en Côte d’Ivoire se montrer d’un altruisme particulier. Tout ce qu’il fait, c’est pour lui-même d’abord. S’il modifie, ce sera pour lui. Moi, j’ai fini mes deux mandats, mais je vais corriger pour que les gens qui vont venir après moi à la présidence puissent rester autant qu’ils veulent, donc on va enlever la limitation des mandats. Où est la logique là-dedans ? De la même façon qu’il a menti en disant «je veux un mandat de cinq ans seulement», et puis une fois installé : «il faut maintenant la candidature unique», maintenant, il faut changer la limitation des mandats et la limite d’âge. Cela signifie que l’homme n’a pas envie d’abandonner le pouvoir jusqu’à ce qu’un jour, Dieu décide que c’est terminé. Ce n’est pas compliqué à comprendre. En 2020, il sera encore candidat.

Au terme de son propos, Mamadou Koulibaly a souhaité, au titre de ses voeux, que « 2016 soit la plus belle année de l’histoire de la Côte d’ivoire » et celle du renforcement de la détermination de la foi de tous en cette Côte d’Ivoire démocratique.

La cérémonie en images

Yao Felix Yao

Share

Réagissez à cet article

commentaires