C’est la fin du litige maritime qui opposait le Ghana à la Côte d’Ivoire, depuis 4 ans, sur fond d’enjeu pétrolier. Le Tribunal maritime international du droit de la mer (TIDM) a tranché, ce samedi 23 septembre, en faveur d’Accra. Les deux voisins ouest-africains se disputaient une zone maritime riche en pétrole. Les juges ont estimé, à l’unanimité, que le Ghana n’a pas violé la souveraineté de la Côte d’ivoire en menant des activités pétrolières dans la zone disputée. C’est donc la douche froide pour Abidjan, la capitale économique ivoirienne, qui se rêvait productrice d’or noir.

Plateforme d’extraction pétrolière au large de Sekondi, sud-ouest du Ghana, en décembre 2012.
© AFP/PIUS UTOMI EKPEI

Le tribunal, garant de la bonne application de la Convention des Nations unies sur le Droit de la Mer, a conclu que le Ghana n’avait pas violé la souveraineté de la Côte d’Ivoire en exploitant le pétrole dans cette zone, située à la limite des frontières maritimes entre les deux pays, où se trouve une réserve estimée à environ 2 milliards de barils de pétrole. De quoi susciter les convoitises.

Le Ghana a commencé à l’explorer et à l’exploiter dès 2007, attribuant plusieurs blocs à des compagnies pétrolières. Ce n’est qu’en 2013 que la Côte d’Ivoire s’est mise à protester « sans fondement », selon le tribunal, puisque la frontière maritime n’a, en fait, jamais été précisément tracée.

On rappelle que des négociations à l’amiable entre les deux voisins pour fixer la frontière avaient totalement échoué. Le tribunal, basé à Hambourg, dans le nord de l’Allemagne, a aujourd’hui donné raison au Ghana sur la méthode pour tracer cette frontière maritime. Elle s’impose désormais aux deux parties.

Le tribunal reconnaît aussi que le Ghana a montré sa bonne volonté en mettant fin, en 2015, à l’exploitation de la zone dans l’attente du jugement d’aujourd’hui.

Pour la Côte d’Ivoire, c’est forcément la douche froide. Nous connaissons l’ambition pétrolière du pays. Il produit 45.000 barils par jour et son espoir, douché aujourd’hui, était de porter cette production à 200.000 barils par jour, en 2020.

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