Le chaos économique va-t-il succéder au chaos politico-sécuritaire en Libye ? La question se pose alors que la bataille des institutions continue de faire rage.

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sécurité à l’entrée des bureaux du gouvernement, à Tripoli, le 14 avril 2016. © Photo Reuters

Il y a toujours trois gouvernements dans le pays : celui basé à Tripoli, issu du congrès général national, celui d’al-Bayda issu de la chambre des représentants de Tobrouk et enfin celui soutenu par l’ONU et qui a débarqué fin mars à Tripoli. Mais il y aussi deux banques centrales. Et celle de l’Est libyen, qui n’est pas reconnue, continue de faire de la résistance. En pleine crise des liquidités, elle a décidé d’imprimer ses propres dinars libyens.

Fayez el-Sarraj pensait la question réglée. A son arrivée à Tripoli, la banque centrale basée dans la capitale, la seule reconnue, s’était rangée derrière lui. Mais c’était compter sans l’autre banque centrale, celle de l’Est libyen liée aux autorités de Tobrouk.

Malgré des rencontres récentes à Tunis censées unifier les deux instances, celle de l’Est ne désarme pas. Elle a édité pour 4 milliards de dinars de billets. Numéros de série, filigranes différents des coupures actuellement en circulation. Mais surtout c’est la signature du président de la banque non reconnue qui y est gravée. Ce dernier explique qu’il cherche juste à répondre au manque de liquidités qui frappe le pays depuis des mois.

Mais à Tripoli, on y voit rien de moins qu’une volonté de déstabiliser l’économie et par la même occasion le jeune gouvernement d’union. Toujours en quête de légitimité, populaire notamment, l’équipe de Fayez el-Sarraj est très attendue sur le dossier économique. Le quotidien des Libyens désormais, outre la guerre, c’est aussi les files d’attente devant les banques et l’inflation.

Reste à savoir si les nouveaux billets seront acceptés en dehors de l’Est libyen. Car ce dernier épisode démontre, s’il le fallait encore, le fossé qui demeure entre Tripoli et Tobrouk.

Source RFI

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