Le ministre français de la Justice François Bayrou, allié clé du président Emmanuel Macron, a annoncé ce mercredi 21 juin à l’Agence France-Presse (AFP) son départ du gouvernement. La ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, lui a emboîté le pas. Elle va prendre la tête du groupe MoDem à l’Assemblée nationale.

Francois-Bayrou, Prèsident du MOdem

« J’ai pris la décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement. Je donnerai une conférence cet après-midi à 17h [15h TU] », a déclaré le président du MoDem, parti centriste qui fait l’objet d’une enquête sur l’emploi de ses assistants parlementaires européens.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a évoqué ce matin sur Europe 1 un « un choix personnel », choix qui « simplifie la situation ». « Il souhaite se défendre », a précisé Christophe Castaner.

La ministre des Affaires européennes, Marielle de Sarnez, va également quitter le gouvernement et prendra la tête du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, fort de 42 élus, a annoncé mercredi matin à l’AFP une source MoDem.

Dans le sillage du départ de Goulard

Ces annonces suivent celles du départ de la ministre des Armées, Sylvie Goulard.

Les trois ministres issus du MoDem quittent le gouvernement alors que ce parti fait l’objet d’une enquête sur l’emploi de ses assistants parlementaires européens.

La République en marche (LREM), le mouvement d’Emmanuel Macron, dispose à elle seule d’une majorité absolue à l’Assemblée avec 308 sièges.

François Bayrou avait présenté la semaine dernière en Conseil des ministres le projet de loi de moralisation de la vie publique, fruit de l’alliance qu’il avait nouée en février en rejoignant Emmanuel Macron. Le maire de Pau devait porter ce texte au Parlement cet été.

Deux types de signaux

Pour Nicolas Tenzer, politologue et président du Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique, cette crise donne deux types de signaux : l’un plutôt négatif, « dans la mesure où le départ de quatre ministres, c’est quelque chose qui est un mauvais signal pour ce début et que les gens vont dire, mais qu’est-ce qui se passe… finalement il y a un couac dans la majorité. En revanche, là où ce n’est pas un si mauvais signal, c’est que, premièrement, La République en Marche dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, sans le MoDem. Donc on ne peut pas dire que le MoDem pourrait jouer une forme de chantage. Que, deuxièmement, il n’y a pas encore de mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, et pas de La République en marche. »

« Scandale politique »

Sur RMC et BFMTV, Laurent Wauquiez (LR) a qualifié de « scandale politique » et de « crise gouvernementale majeure » les départs du gouvernement de quatre ministres dont François Bayrou, et a demandé à Emmanuel Macron de ne pas laisser des « personnages entachés » diriger des groupes à l’Assemblée nationale. Côté Front national (FN), les multiples démissions du gouvernement, dont celle de François Bayrou, s’apparentent à « une véritable Bérézina » pour Emmanuel Macron qui « agit contraint et forcé », a jugé le vice-président du FN, Florian Philippot, sur Franceinfo.

RFI

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