La police sud-africaine a dit, mardi 15 août, ignorer où se trouvait la première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, soupçonnée d’agression à Johannesburg, contredisant son ministre qui avait affirmé plus tôt que l’épouse du président Robert Mugabe s’était présentée à la police. Mme Mugabe est visée par une plainte pour agression enAfrique du Sud, où elle est soupçonnée d’avoir frappé deux femmes dans un hôtel de Johannesburg.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe et son épouse, Grace, le 29 juillet lors d’un meeting du ZANU-PF à Chinhoyi. © REUTERS/Philimon Bulawayo

« Nous ne savons pas pour l’heure où elle se trouve […], les négociations pour que le suspect se rende n’ont pas abouti », a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police, Vishnu Naidoo, expliquant que les déclarations du ministre de la police, Fikile Mbalula, avaient été prématurées. « Le ministre avait été informé » que Grace Mugabe allait se présenter à la police dans la matinée, a ajouté Vishnu Naidoo. Lorsqu’il s’est exprimé devant la presse, « il savait que cela allait se produire, mais il a ensuite appris que cela ne s’était finalement pas concrétisé », a-t-il encore justifié.

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Deux femmes ont porté plainte pour agression contre Grace Mugabe après une altercation dimanche soir dans un hôtel de Johannesburg. Une des victimes présumées, âgée de 20 ans, assure qu’elle se trouvait avec des amis lorsque l’épouse du président Robert Mugabe qui se trouvait dans une chambre voisine est venue les agresser dimanche soir. « On était tranquillement dans notre chambre et elle est arrivée pour nous frapper. J’ai le front ouvert. Je suis mannequin et je gagne de l’argent grâce à mon apparence », a raconté Gabriella Engels au quotidien sud-africainThe Times.

Favorite à la succession de Robert Mugabe

Cette altercation présumée « ne peut en aucun cas relever d’une affaire diplomatique. Cette femme n’était pas en Afrique du Sud pour une réunion bilatérale avec le gouvernement [sud-africain]. Elle était ici en visite privée », a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Clayson Monyela.

Grace Mugabe se trouvait en Afrique du Sud pour soigner une blessure au pied, selon les médias zimbabwéens. Comme son mari Robert Mugabe, elle se fait soigner à l’étranger, les services de santé de son pays étant en pleine déliquescence. A 52 ans, elle fait partie des favorites pour succéder à son mari à la tête du Zimbabwe. Pour l’heure, Robert Mugabe, âgé de 93 ans, n’a cependant pas l’intention de céder sa place : il est d’ores et déjà candidat à sa propre succession pour les élections de 2018.

Personnalité controversée, Grace Mugabe est régulièrement épinglée pour son goût pour les vêtements de luxe et les voyages et pour son implication supposée dans des scandales de corruption. En 2016, elle avait fait saisir des propriétés d’un homme d’affaires après un différend au sujet d’une bague de 1,35 million de dollars (environ 1,14 million d’euros) qu’elle lui avait commandée avant de changer d’avis.

Le Monde.fr avec AFP

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