La conférence de presse marquant la fin de la visite officielle du Président français François Hollande, dans le cadre de sa grande offensive diplomatique contre l’organisation Etat Islamique, a  fait  ressortir les divergences de vue entre la Russie et l’OTAN concernant le sort de Bachar El ASSAD.

                                                           François Hollande et Vladimir Poutine avant leur tête à tête

C’est un Vladimir Poutine avec le calme régalien qu’on lui sait, qui se tenait au côté d’un François Hollande plutôt tumultueux à la fin de leur entrevue qui a duré plus que prévu. Partit rencontré son homologue russe au sujet de la « Grande coalition » qu’il cherche à réunir contre Daesh suite aux attentats de Paris, François Hollande savait la tâche difficile. Surtout après la douche froide prise lors de son déplacement aux Etats-Unis, où Obama lui a  signifié sans ambiguïté aucune son refus de se ranger dans une éventuelle alliance comprenant la Russie. « Il existe déjà une coalition de 65 pays face une autre composée de 02 pays » lui avait répondu le Président américain; faisant référence à l’OTAN et ses alliés face à la Russie et l’Iran, les deux soutiens « isolés » du régime Bachar.

Mission difficiles certes,mais pas impossible, aurait-il pu se dire.Surtout après les soutiens à lui exprimés par les premiers ministres italien et britannique, venus tour à tour à l’Elysée marquer leur compassion au peuple français.

Il a donc fallu ce déplacement pour que François Hollande se rendent compte que son espoir était plutôt utopique.Tant les positions entre les russes et les alliés au sein de l’OTAN sont incompatibles. C’est donc un Président tentant tant bien que mal de masquer le revers qu’il venait probablement d’essuyer- lors de leur entrevue privée- qui crût bon d’aller dans des affirmations, somme toutes à la limite de la diffamation. En effet dans sa déclaration faisant suite à celle de Vladimir Poutine, François Hollande tenta d’insinuer un accord trouvé quand à l’épineuse question du sort de Bachar El Assad. Il déclara à ce sujet: « Nous nous sommes mis d’accord pour dire qu’en Syrie, il faut qu’il y’ai un changement de l’Exécutif, pour aboutir à un gouvernement d’union qui conduira la transition jusqu’à l’organisation d’élections libres et démocratiques. »

Toute chose que s’est empressé de rectifier Poutine qui s’est voulu un peu plus clair en martelant: « Il revient au peuple syrien seul de décider du sort de Bachar », avant de préciser, « Pour lutter efficacement contre Daesh,il faut également une force au sol, et l’armée de Bachar est notre allié dans ce sens ». Voilà qui tombe comme un couperet sur les vaines espérances d’Hollande de jouer un rôle de premier plan dans la mise en place d’une hypothétique « Grande Coalition ».

Face à une telle intransigeance de la part de son hôte, il ne restait plus qu’à François Hollande, d’orienter le reste de son discours sur ce qui fédère, du moins pour le moment, toutes les positions; à savoir l’intensification des frappes aériennes  contre l’organisation Etat Islamique. Rejoignant ainsi ce que bon nombre d’observateur avait déjà prédit; c’est à dire parler plutôt de « coordination » dans le cadre de la lutte contre Daesh, en lieu et place de « Coalition ». tant les intérêts d’un bloc à l’autre divergent sur le sort de Bachar El Assad. A ce stade de la situation, on peut dire sans risque de se fourvoyer que la « grande offensive diplomatique » du Président français a accouché d’une souris.

N’dri Anasthasie

 

 

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