Aboutissement de lutte sociale, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) semble être pour les travailleurs et travailleuses l’assurance d’un salaire décent. Paul BACON est considéré en France comme le père du SMIG par la création du salaire minimum agricole garanti par le biais de la loi de 1950.

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Aujourd’hui le SMIG s’est exporté et culmine en Côte d’Ivoire à plus de 60.000FCFA depuis sa revalorisation. Seulement l’actualité du monde de l’emplois ailleurs et singulièrement en Côte d’Ivoire convie à porter un regard différent sur le SMIG. Dans un Etat ou près de la moitié de la population vit avec moins de 1 dollar par jour soit moins de 30.000FCFA
par mois, il y a lieu de se demander si le SMIG ne pose pas problème.

1. Le SMIG salaire plafond plutôt que planché?

Le SMIG qui devait être un moyen de protéger les salariés contre les éventuels abus des employeurs. Seulement, l’on se rend compte que de peu de salariés sont payés au SMIG. Il est finalement réservé à une poignée
de salariés. Salaire planché a priori il s’apparente de plus en plus à un salaire plafond que veulent atteindre l’ensemble des salariés et demandeurs d’emplois.

2. Le SMIG, une mesure dissuasive

Des propriétaires de cabines téléphoniques aux cordonniers en passant par les tenants de petits restaurants, combien de d’entrepreneurs de PME et PMI peuvent offrir plus de 60.000FCFA à leurs employés ?
Le SMIG serait-t-il l’apanage des grandes entreprises ? Le montant du SMIG et son caractère universel et impératif est dissuasif dans un pays ou  rappelons près de 50% de la population vit avec moins de 30.000FCFA par mois. Au final des stages qui s’éternisent, des essais non concluants etc
permettent aux entreprises d’avoir de la main d’œuvre sans la payer.

3. Des travailleurs sans protection sociale

La protection sociale est l’ensemble des mécanismes de prévoyance collective qui aident les personnes à affronter les risques sociaux, les situations qui ont pour conséquences de faire baisser les ressources tels la maladie, le chômage, la vieillesse, les charges familiales etc. En Côte d’Ivoire dans le secteur privé, elle est gérée par la Caisse Nationale de
Prévoyance Sociale (CNPS). Sur la base du salaire qui doit obligatoirement correspondre au moins au SMIG, des prélèvements sont opérés pour anticiper ces situations. Si cette démarche est opportune et importante
pour tous individus, le bémol demeure le SMIG. En effet, le prélèvement est fait au moins sur la base du SMIG que peine justement à payer les employeurs. Du coup, très peu de travailleurs bénéficient de cette protection. Le travail englouti la jeunesse de milliers ivoiriens pour au final ne pas avoir une vieillesse tranquille. Les situations de maladies sont des stress constants des travailleurs dépourvus de toute forme de protection. En définitive, le SMIG au-delà de l’émotion pose de sérieux problèmes en Côte d’Ivoire. L’on pourrait soit envisager soit de le
supprimer pour libérer salariés et employeurs ou simplement trouver des SMIG sectoriels exclusivement. Ceci poserait encore le problème  d’identification de l’ensemble des métiers et d’études approfondis sur la
valeur d’un SMIG raisonable.

Ley -Arnaud

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