Afripol, le mécanisme africain de coopération policière, dont le siège est à Alger, a mené une enquête confidentielle sur les réseaux de financement de l’organisation terroriste Boko Haram, à laquelle La lettre du continent a eu accès.

Boko-haram
Aboubakar Shekau, chef de Boko Haram, en compagnie de ces hommes, faisant allégence à DAESH.

Cette enquête révélé que Boko Haram, rebaptisé Etat islamique en Afrique de l’ouest, finance sa guerre à travers un gigantesque trafic de drogue et d’armes qu’il contrôle ou en facilite l’activité. L’organisation lève des taxes sur les passeurs d’armes au nord-est du Nigeria et autour du lac Tchad, tout en apportant son appui logistique aux trafiquants pour convoyer leurs cargaisons d’héroïne et de cocaïne vers les ports nigérians de Calabar et de Port-Harcourt, mais aussi vers d’autres pays (Centrafrique, Congo-Kinshasa, Afrique du Sud,…).

Boko Haram reste aussi très actif sur les ports ivoiriens d’Abidjan et de San-Pedro. Cet activisme en Côte d’ivoire inquiète au plus haut niveau, car les autorités ivoiriennes, à commencer par le président Alassane Ouattara, redoutent de plus en plus  des opérations de l’organisation terroriste sur le territoire ivoirien.

Selon le rapport d’Afripol, Boko Haram exercerait « une influence significative » sur plusieurs responsables des enceintes portuaires ivoiriennes, n’hésitant pas à les corrompre, ou à recourir aux services de prostituées, dont les prestations tarifées sont filmées pour accentuer son emprise sur le personnel d’encadrement de ces ports.

Ces pressions auront permis au mouvement d’Aboubakar Shekau, de recevoir impunément des cargaisons d’armes et d’exporter des produits illicites vers l’Europe, via des ports britaniques et italiens. Des interceptions téléphoniques ont permis d’établir les liens de Boko Haram avec le Hezbollah libanais, mais aussi avec des cartels de la drogue en Amérique latine.

Pour rappel, l’Etat ivoirien vient récemment d’inscrire le Hezbollah, sur la liste des organisations qu’il considère comme terroristes. Est-ce relativement à ces informations?

Hervé Christ

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