Le mardi 29 décembre 2015, s’est définitivement fermée la période de transition au Burkina par l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré élu dès le premier tour, avec 53,46% des voix, le 29 novembre 2015, lors des élections présidentielle et législative couplées.

Ouagadougou-29 décembre 2015: Photo de famille à l'issue de la cérémonie d'investiture de Roch Marc Christian Kaboré, nouveau président du Burkina
Ouagadougou-29 décembre 2015: Photo de famille à l’issue de la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, nouveau président du Burkina

À 58 ans, Roch Marc Christian Kaboré, ancien bras droit de Blaise Compaoré, avant de passer dans l’opposition, prend la tête du pays, ce 29 décembre,  pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. « C’est le triomphe de l’alternance, de la démocratie et de la liberté» a salué Michel Kafando, le président de la transition. Il devient ainsi le troisième chef d’État civil sur les neuf qu’a connus le Burkina depuis son indépendance en 1960.

Les chefs d’État de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, et le président Alpha Condé de Guinée sont arrivés dès dimanche à Ouagadougou pour assister à  la cérémonie de prestation de serment et d’investiture organisée au Palais des Sports de Ouaga 2000. Plus de cinq mille officiels et partisans du nouveau régime étaient également attendus pour assister à cette cérémonie.

Pour le chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, être présent à Ouagadougou, n’a sûrement pas été une balade de plaisance, au regard des dossiers brûlants qui mettent à mal les relations entre le Burkina et la Côte d’Ivoire: Les accusations portées par les autorités sortantes du Burkina contre le chef du parlement ivoirien Guillaume Soro et le mandat d’arrêt international lancé contre Blaise Compaoré par la justice militaire burkinabé. Ce dernier réside en Côte d’Ivoire depuis son éviction par la rue en octobre 2014.

Si pour l’affaire Guillaume Soro, le président ivoirien a récemment annoncé qu’il prendrait lui-même le dossier en main et qu’il « en discuterait avec les nouvelles autorités du Burkina », pour le mandat d’arrêt contre Blaise Compaoré, le gouvernement ivoirien, par la voix de son porte-parole Bruno Koné, a affirmé ne pas en avoir connaissance. Refus de s’exécuter ou fuite en avant? Le temps nous en dira davantage.

Si ces deux affaires avaient fait naître des polémiques à l’annonce de la participation d’Alassane Ouattara à la cérémonie d’investiture, la photo de famille à l’issue de cette cérémonie, donnera sûrement farine à moudre à la polémique sur les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina. En effet, sur cette photo, on peut apercevoir tous les chefs d’Etat présents à la cérémonie sauf le président ivoirien. Pourquoi une telle absence? Bien malin qui pourra répondre.

Christine Zoléba

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