Abidjan est sale et sent mauvais. Cela, malgré l’existence de deux ministères chargés des questions environnementales en Côte d’Ivoire: le ministère de la salubrité urbaine et de l’assainissement. et le ministère de l’environnement et du développement durable. Et rien d’autre, que le mépris du gouvernement et des élus locaux vis-à-vis de la santé des populations, ne semble pouvoir justifier cette prolifération des ordures partout à Abidjan.

Une vue du désastre sanitaire et environnemental que vive les ivoiriens au quotidien.
Une vue du désastre sanitaire et environnemental que vive les ivoiriens au quotidien.

Comment comprendre qu’en Côte d’Ivoire les ordures ménagères puissent proliférer, quand dans le même temps, à travers le monde, des technologies et innovations pour leur gestion et leur recyclage prolifèrent? En effet, on trouve des tas d’ordures nauséabonds partout dans le pays: devant les hôpitaux, aux abords des marchés, des routes et des habitations. Comme si le gouvernement ambitionnait d’aller à l’émergence avec un ivoirien « nouvellement malade »; alors qu’une petite dose de bonne volonté et de bonne foi, suffirait à offrir aux populations un cadre de vie digne et sain.

En effet, des solutions existent et sont bien à la portée de tout gouvernement qui ne méprise pas ses populations. Elles sont d’ordre technique, industriel et éducatif et reste avant tout pour LIDER, le parti politique du Professeur Mamadou Koulibaly, qui s’est récemment prononcé sur le sujet, « une question de bonne gouvernance et de priorité ».

Techniquement, le gouvernement aurait gagné, lors du lancement de ses grand travaux publics à prioriser la construction d’égouts pour remplacer le système actuel des caniveaux construits depuis les années 60 et qui, devant l’explosion démographique s’avèrent engorger. En lieu et place, Ouattara a priorisé, la réhabilitation des routes qui mènent à son domicile et à celui de ses ministres et élus à Cocody,  la construction d’un 3ème pont à Abidjan qui, incapable de s’autofinancer comme prévu, continue d’être payé par le contribuable et qui lui a déjà coûté 12 milliards de franc, et enfin, la composition d’un gouvernement pléthorique, augmentant ainsi le train de vie de l’Etat, là où la sagesse et la responsabilité indiquent sa réduction, pour l’utilisation de l’argent public à bon escient, comme par exemple la gestion des ordures ménagères.

Cette situation est d’autant plus révoltante que ce désastre sanitaire et environnemental, qui menace au quotidien la santé des populations, aurait pu être une solution au chômage endémique qui sévit en Côte d’Ivoire, de par la création d’industries de recyclage de déchets et de traitement d’eaux usées, comme cela se fait déjà dans bien de pays en Afrique.

Au-delà des aspects techniques et industriels comme solutions, la responsabilité des populations est aussi engagée. Et cette responsabilité ne saurait être mise à l’épreuve sans une volonté gouvernementale de mise en place d’un cadre éducatif et répressif. En plus de rapprocher les poubelles des populations, et de les vider régulièrement, le gouvernement pourrait mettre à contribution l’école et la famille pour éduquer les populations aux bons réflexes sanitaires, afin de ne pas se débarrasser des ordures n’importe où en ville. Concomitamment, les collectivités locales pourraient charger leur police municipale de la verbalisation de tous les réfractaires à jeter leurs ordures aux endroits prévus à cet effet.

En somme la question de l’insalubrité qui pollue l’environnement urbain en Côte d’Ivoire dénote d’un manque de volonté des gouvernants et élus actuels à s’y intéresser. C’est ce qui justifierait sans doute cet appel lancé par LIDER aux populations de Koumassi, et aussi à ceux du pays profond:

Les élections législatives et municipales annoncées pour novembre 2016 sont une occasion pour les populations de montrer qu’elles sont fatiguées d’être traitées comme du bétail. Il est temps de donner le carton rouge à N’Dohi Raymond, Cissé Bacongo et compagnie. Il est temps d’envoyer siéger à l’Assemblée nationale des personnes qui contrôleront et demanderont des comptes à Ouattara et à sa multitude de ministres incompétents, au lieu de promettre de construire des routes et des hôpitaux virtuels. Il est temps de confier la gestion des mairies à des femmes et des hommes nouveaux,  qui n’auront peut-être pas les moyens de faire des campagnes tapageuses et mensongères avec les fonds publics détournés ou surfacturés, mais qui se distingueront par leur volonté politique de faire le changement, de dire la vérité et de proposer un programme moderne et efficace, qui rendra aux populations leur statut d’humains et de citoyens. Il est temps d’oser LIDER.

Christine Zoléba

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