Après le Général Yacouba Zida, premier de l’ex-transition burkinabé, c’est au tour du président de l’ex Conseil national de transition (CNT), organe qui a fait office de parlement pendant la transition au Burkina Faso, Chérif Sy, de confirmer l’authenticité des conversations téléphoniques qui ont eu lieu entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé, pendant le coup d’Etat avorté de septembre dernier.

Chérif-Sy
Cherif Sy, président du Conseil National de Transition (CNT), dont la mission a pris fin le 29 décembre 2015 avec l’investiture du président Roch Kaboré et l’élection de Salif Diallo, à la tête de l’Assemblée nationale

Désigné comme le réformateur intraitable du Burkina-Faso, Chériy Sy, 55 ans, ancien journaliste et sankariste pur jus, avait fait preuve d’un grand courage face aux putschistes. Entré en clandestinité dès l’annonce du coup d’État, il leur a tenu tête en s’autoproclamant « président par intérim » jusqu’à la remise en liberté de Michel Kafando, appelant les Burkinabè à résister, restant en contact avec la hiérarchie militaire et rejetant le projet d’accord de la Cedeao: « un compromis indécent » l’a-t-il qualifié. Il a été aussi à l’origine, pendant la transition, de plusieurs lois insufflant un changement radical (dont celle sur le code électoral, qui a mis le feu aux poudres), il assume ses positions : selon lui, la mission de la transition était de « déstructurer intellectuellement et institutionnellement » l’ancien régime.

Reçu le mardi 29 décembre sur Omega FM, une radio de Ouagadougou, il n’a usé d’aucune paraboles politiciennes, pour attester que les entretiens téléphoniques  diffusés avaient bel et bien eu lieu entre Guillaume Soro et Djibril Bassolé. Pour lui « Ceux qui sont habilités à traiter ce dossier prennent toutes les dispositions scientifiques nécessaires pour que tous les documents et moyens de preuves versées au dossier soient authentifiés. Mais pour vous et moi, citoyens simples, il n’y a pas de doute. Et moi à mon niveau de responsabilité, je sais, je suis même le premier à savoir que cet enregistrement est authentique. » Il serait même prêt à « confirmer par écrit » cette authenticité. Il a aussi évoqué l’existence de plusieurs bandes sonores: « Et il n’y a pas que ça. il y a d’autres documents sonores qui sont authentiques. Le moment venu quand le procès aura lieu, cela se saura. Donc à ce niveau, moi je ne discute pas »

En novembre et décembre des enregistrements sonores avaient été largement diffusés sur internet, dans lesquels on pouvait entre deux personnes qui s’identifiaient comme étant Guillaume Soro et Djibril Bassolé. Ils y planifiaient d’assassiner plusieurs autorités burkinabè, notamment le premier ministre de la transition, Yacouba Zida, Salif Diallo, nouveau président de l’Assemblée nationale et Chérif Sy. Interrogé sur la cible qu’il constituait pour les deux comploteurs, le dernier cité répond ceux-ci:

C’est bien le droit de Soro de vouloir s’occuper de ma modeste personne. On ne peut pas lui interdire cela puisque lui-même reconnait qu’il a une certaine expertise pour s’être occupé d’autres personnes tels que IB ou Tagro avant nous. Que Dieu l’aide dans son expertise (rire), mais moi je suis croyant je m’en remets à Dieu.

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Après avoir longtemps traité ces enregistrements de « ridicule et montage grossier » Guillaume Soro et ses soutiens sont, depuis un moment, bien silencieux devant les sorties publiques des autorités politiques burkinabè, attestant de l’authenticité de ces enregistrements. Leur dernière tentative de discréditer ces documents audios remonte à la sortie du premier ministre Yacouba Zida, qui avait été la première autorité à en parler publiquement. Les réseaux proches de Guillaume Soro avaient alors fait circuler l’information selon laquelle Zida avait été, après sa sortie, recadré par Roch Marc Christian Kaboré, président nouvellement élu du Burkina-Faso, qui à l’époque n’avait pas encore prêté serment. Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti de Roch, s’était empressé d’apporter un démenti à cette information.

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Hervé Christ

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