Mal en point sur le plan médiatique et affaibli par ses nombreux déboires avec les justices française et burkinabé, Soro Kigbafory Guillaume, l’actuel dauphin constitutionnel essaie vaille que vaille de se repositionner dans le jeu politique ivoirien. Malheureusement pour lui, il vient de connaître une autre tentative infructueuse face à son adversaire principal dans la course à la succession: le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko.

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Soro Guillaume n’en finit pas avec les calculs pour la conquête du fauteuil présidentiel

Soro Kigbafory Guillaume, rêve à succéder à Alassane Dramane Ouattara. C’est un secret de polichinelle. Dans cette quête, son plus grand concurrent reste Amhed Bakayoko. Cela au grand dam des autres barrons du RHDP que sont le PDCI, l’UDPCI ou le MFA. Mais contrairement à ceux-là, il a un sérieux handicap: ses frasques avec les justices burkinabé et française. Les récents propos de Touré Mamadou -« Soro n’est plus rien… »- tenus à Paris devant des militants, témoignent du regard que les cadres du RDR ont sur « le soldat Soro »: une persona non grata; tant les casseroles qu’il traîne  crée du tintamarre.

Alors pour la poursuite de ses ambitions présidentielles, Soro « l’homme pressé » n’a plus d’autres choix que de se tourner vers les militants pro-Gbagbo qu’il sait émotifs donc manipulables à souhait. Pour y parvenir il va mettre sur pied, suivant les conseils certainement de son conseil en communication, un plan des plus mesquins comme il en a d’ailleurs le secret. Pour y parvenir, il va utiliser 02 éléments essentiels que sont la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) et le Zouglou. Dans cet article, nous vous livrerons les détails à propos de la FESCI qu’il dirigea à une certaine époque.

La bataille pour le repositionnement via la FESCI

Ayant eu vent de ce que la FESCI – dont il fut lui même un de ses plus illustres Sécrétaire Général- s’apprêtait à engager une grève relativement à l’indifférence qu’affichait les autorités vis à vis de leur plateforme revendicative, et que pour ce faire son leader actuel, Assi Fulgence dit  » AFA », était en tournée de sensibilisation à l’intérieur du pays, le machiavélique Soro entra en scène.Dans un premier temps, il arrange une rencontre discrète entre lui et ce dernier lors de son étape de Bouaké. Et par la suite il fera fuiter, auprès de son « frère ennemi » Hamed Bakayoko, l’information- fausse certainement- selon laquelle il aurait remis cinq (05) millions de francs CFA au SG en exercice de la FESCI. Il le fait en conséquence de cause car étant bien instruit que depuis le 11 Avril 2011, Amhed Bakayoko essaie de contrôler ladite structure tant bien que mal.

Le ministre de l'intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko (à gauche) et le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire (à droite)
Hamed Bakayoko (à gauche) et Soro Guillaume (à droite) mènent une « guerre froide » pour la succession à Ouattara

Hamed alors informé de cette entrevue (?) secrète entre Soro et le jeune Afa, et de la somme que ce dernier aurait perçu , voit donc au mot d’ordre de grève mis en application dès le Lundi 11 Avril, une duplicité de son « poulain » Afa » et durcit donc le ton en le faisant arrêter le Mercredi 13 suivant, le soupçonnant d’entreprise insurrectionnelle. Cette arrestation créé l’émoi au sein de l’opinion nationale. C’est exactement ce que recherchait Soro, et à partir de ce moment Franck Nyamsi, son Directeur de Communication va engager une campagne sur les réseaux sociaux tendant à faire passer son mentor comme le « pompier » devant venir au secours des étudiants en difficulté. Cette campagne bien ficelée aura eu le mérite d’avoir réussi à berner bon nombre de cacique pro-Gbagbo…..dont d’ailleurs Michel Gbagbo (sic) !

Toutefois voyant le danger venir, le sécurocrate ivoirien , Hamed Bakayoko, va prendre le taureau par les cornes pour ne pas donner à Soro un quelconque prétexte pour qu’il utilise son armada de 300 tonnes d’armes dont l’ONU a révélé l’existence dernièrement. Il va alors se rassurer que « ses » jeunes de la FESCI n’ont pas coalisé avec « le diable » Soro; en leur proposant à son tour un marché. Il va mettre sur la table deux (02) millions de francs CFA , pour la levée du mot d’ordre de grève. Il leur garantit aussi la libération de tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de la grève, quoique ces derniers aient été déjà déférés. Avec en sus, la mise sur pied d’un panel de ministres devant travailler sur les revendications portées par la FESCI, dont la principale reste sans nul doute le non-déguerpissement des étudiants de leurs seules résidences universitaires  réhabilitées pour y loger les athlètes des jeux de la francophonie qui se tiendront à Abidjan l’année prochaine, comme prévoit le faire le gouvernement

Bien évidemment le parrain de DJ Arafat n’engagera pas lui même directement les négociations avec le Bureau Exécutif National de la FESCI, il enverra son homme de main Adiko Johnson dit Johnny le cocotier, ancien membre du Bureau National de Mian Augustin. Les échanges vont débuter le Samedi 16 avril pour prendre fin le Dimanche 17 avril à Cap Nord avec une déclaration qui aurait été écrite par Esse Bérenger alias Berger (sécrétaire à l’organisation du BEN sortant) mais signée de Yao Kouamé Sylvère dit National Kennedy, l’actuel Secrétaire à L’organisation. C’est ainsi que ce mercredi 20 Avril,comme promis, le Secrétaire Général Assi Fulgence et tous ses camarades arrêtés, ont été libérés, après un passage formalitaire au Parquet.

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                                            Assi Fulgence, l’actuel SG de la FESCI 

Comme on vient de le voir, la tentative de Soro Gullaume pour reprendre la main, quoiqu’elle ait fait des émules, a finalement échoué. Ni son exhibition avec Michel Gbagbo le jour du concert de Yodé et Siro ou encore moins ses déclarations tenues le lundi 19 Avril à la suite de son entretien avec l’artiste zouglou Petit Denis, ne lui auront permis de monter sur ses grands chevaux pour s’immiscer dans la question des étudiants comme il annonçait le faire; Hamed Bakayoko ne lui ayant pas laissé le temps.

Cet épisode qui vient ainsi de s’achever, laisse présager les nombreux coups tordus qui vont sans doute rythmer la grande famille du RDR dans la bataille pour la succession d’Alassane Ouattara; hélas au détriment de l’entente scellée au sein du  RHDP qui prévoyait pourtant une alternance des formations politiques dans la succession au fauteuil présidentiel.

N’dri Anasthasie

 

 

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