Aujourd’hui, jeudi 28 janvier 2016, à 09:30 GMT, s’ouvre à la Cour pénale internationale (CPI), à la Haye, le procès tant attendu de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Ils sont tous deux accusés de crise contre l’humanité par le bureau du procureur Fatou Bensouda suite à l’élection présidentielle de 2010.

De Guache à droite: Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Fatou Bensouda
De Guache à droite: Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et Fatou Bensouda

Des centaines de militants des deux hommes politiques ivoiriens battront le pavé devant la Cour pour l’ouverture du procès ce matin. Alors que ceux-ci attendent de ce procès la manifestation de la vérité sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire et à terme la libération de leurs leaders, les pro-Ouattara, qui se présentent en victimes, rêvent de voir Laurent Gbagbo et Blé Goudé condamnés pour les atrocités qu’ils leur reprochent.

Bien évidemment, ce procès déchaîne des passions en Côte d’Ivoire, comme tout ce qui concerne Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. Mais au-delà des passions, l’heure est à la manifestation de la vérité. Et au nom de cette vérité, demander la libération sans autre forme de procès de Gbagbo et de Blé Goudé est autant irresponsables que de vouloir qu’eux seuls, ou plus généralement, que seul le camp Gbagbo, celui des perdants, payent pour toutes les vies humaines arrachées à l’occasion de la crise militaro-politique qu’à connu la Côte d’Ivoire. En effet, plusieurs enquêtes, même celles diligentées par Alassane Ouattara ont établi que son camp à aussi commis des exactions contre des populations civiles.

Mais cinq ans après la fin de la crise post électorale, la justice nationale ivoirienne, tout comme la CPI, font preuve de nonchalance dans l’entame des procédures contre les pro-Ouattara, alors que celles contre les pro-Gbagbo connaît une célérité remarquable. La justice ivoirienne a annoncé la mise en examen de certains chefs de guerres, mais depuis, plus rien. Fatou Bensouda, quant à elle, a annoncé, mercredi 27 janvier, à la conférence de presse d’informations sur le procès de ce jour, que les enquêtes visant les pro-Ouattara sont en cours, et qu’elle les a mêmes intensifiées en 2015, sans pourtant pouvoir informer l’opinion de la date d’ouverture probable d’une procédure contre ceux-ci. Rappelons qu’une année avait suffit à la procureure pour boucler ses dossiers contre Laurent Gbagbo, Blé Goudé et Simone Gbagbo. On peut à juste titre s’interroger pourquoi les procédures contre Ouattara et ses hommes prennent autant de temps alors que les faits ont été commis dans la même période?

La CPI joue donc sa crédibilité et fait face à l’histoire dans cette affaire. Au nom de la vérité, et pour garantir l’équité et la justice à toutes les victimes ivoiriennes, qu’ils soient pro-Gbagbo, pro-Ouattara. ou simples citoyens, madame la procureure, Fatou Bensouda, devrait dans les meilleurs délais engager les procédures qui concernent Alassane Ouattara et ses hommes. Cela, au nom de l’impartialité de la justice.

Hervé Christ

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