#Affaire gouvernement Ivoirien – sociétés d’agrobusiness : Ce que l’on doit savoir! Decryptage complet de cette crise entre  l’Etat et les Agrosouscripteurs.

Premier sit ing des souscripteurs aux agrobusiness au Plateau,Abidjan, Cote d’Ivoire, Image d’illustration

La Côte d’Ivoire n’a guère fini avec les crises. En effet après les retentissantes affaires des primes des mutins ou la longue grève des fonctionnaires, le pays est actuellement secoué par une crise d’une autre forme: l’Agrobusiness.

En clair, des sociétés pour la plupart légalement constituées proposaient à leurs souscripteurs un retour sur investissement de plus de 100% et cela dans un délai n’excédant pas sept(07) mois. Si les premiers clients ont eu leur retour sur investissement, dans les délais fixés, les derniers ont eu moins de chance, puisque la bulle a explosé et les sociétés se seraient trouvées, à la fin du troisième trimestre 2016, en difficultés de paiement. Face à la grogne, le gouvernement ivoirien s’est aussitôt saisi de la question.

Mais que vient faire l’Etat dans une affaire à priori privée et dont le règlement devrait relever des seules instances judiciaires?

Suite à une saisine du trésor public, le parquet a été saisi pour faire la lumière sur les activités de ces sociétés. Parallèlement, le gouvernement au travers du ministère de L’économie et des finances a engagé un certain nombre d’actions qui leur a permis de faire certaines observations. Selon le gouvernement, il s’agit d’un système de cavalerie financière qui consiste à utiliser les nouveaux investissements pour régler les anciens souscripteurs. Aussi, les canaux de commercialisation seraient-ils inexistants pour certaines sociétés. Toujours selon le gouvernement, certains responsables de ces sociétés seraient connus de la police pour des faits d’escroquerie.

Par ailleurs, le taux élevé de retour sur investissement était devenu très concurrentiel pour les banques qui ont vu l’épargne privé bancaire diminué.

L’Etat, en tant que garant des libertés et de la bonne marche de la société a pris des mesures strictes contre ces sociétés. Au nombre de ces mesures nous avons: la cessation d’activités de ces sociétés, le gèle de leurs avoirs, le transfert de leurs fonds dans les caisses du Trésor public, le remboursement des souscripteurs par l’Etat.

Au vu de ces mesures, plusieurs questions se posent: le gouvernement a t’il juridiquement un droit d’immixtion dans le règlement d’un litige qui opposent deux parties liées par un contrat et pour lequel la justice n’a, par aucune des parties, jamais été saisie? A-t-il aussi le droit de définir lui même les modalités de remboursement? La loi autorise t’elle le gouvernement à transférer les fonds de ces sociétés dans les caisses de l’Etat?

Voilà autant de questions qui poussent les souscripteurs à s’interroger sur les réelles motivations du gouvernement dans cette affaire et qui motivent leurs manifestations de protestations.

R. Djessing & Mahamadou Diarra

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