Des tirs nourris ont été entendus, lundi, dans les deux plus grandes villes de Côte d’Ivoire, Abidjan et Bouaké,  alors que la mutinerie de soldats réclamant le versement de primes impayées en est à son quatrième jour.

les-soldats mutins controlent l acces de la ville de Bouaké, le dimanche 14 Mai 2017

Les mutineries de soldats ivoiriens, réclamant le versement de primes, se sont poursuivies, lundi 15 mai, à Bouaké (centre) et à Abidjan, où des tirs ont été entendus.

« La confusion règne ce matin à Abidjan, après un week-end plutôt paisible dans la capitale économique, rapporte Arnaud Froger, correspondant de France 24 en Côte d’Ivoire. Les tirs ont repris ce matin dans plusieurs camps militaires d’Abidjan, notamment dans le quartier d’Akouedo, qui abrite la plus grande caserne du pays. »

Les ressortissants français appelés à rester chez eux

Selon l’AFP, les voies d’accès à Akouedo (est), notamment à l’une des principales artères de la zone, le boulevard François Mitterrand, étaient fermées, empêchant les habitants de l’est de la ville de se rendre dans le centre d’Abidjan.

« Des riverains que j’ai pu joindre m’ont signalé qu’ils entendaient des tirs réguliers depuis 23 h, [dimanche] soir, tandis que des mutins cagoulés, qui ont dressé des barrages dans la zone bloquant certains axes routiers ce matin, tirent des rafales en circulant à mobylette », précise Arnaud Froger.

Plusieurs établissements scolaires se trouvant dans la zone ont été fermés. « En raison de tirs au camp d’Akouedo et du blocage des carrefours alentour, les cours n’auront pas lieu aujourd’hui au lycée Blaise Pascal et à l’école Jacques Prévert. Il est recommandé d’éviter tout déplacement dans ce secteur », a prévenu le consulat de France dans un message.

« L’ambassade de France et la mission de l’ONU ont demandé à ses ressortissants et au personnel de rester chez eux aujourd’hui », indique Arnaud Froger.

Tirs fréquents à Bouaké

Du côté de Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire et épicentre de la mutinerie, des tirs fréquents ont également été signalés lundi matin, malgré les menaces de « sanctions sévères » de l’état-major et des négociations en cours. « D’après plusieurs témoignages, les habitants de Bouaké sont terrés chez eux, alors que les mutins patrouillent en ville, c’est l’illustration que les autorités peinent à restaurer l’ordre et le calme dans le pays après quatre jours de mutinerie », explique Arnaud Froger.

Des troupes gouvernementales faisaient route dimanche vers Bouaké, dans le cadre de ce que le chef d’état-major de l’armée a qualifié d’opération de « rétablissement de l’ordre ».

« Ce n’est pas un coup d’État. Nous voulons nos primes. Le président (Alassane Ouattara) a signé un papier pour dire qu’il était d’accord pour nos primes. Quand il paiera, on rentrera chez nous », a déclaré sous couvert d’anonymat un porte-parole des mutins au camp du 3e bataillon d’Infanterie de Bouaké.

« On ira jusqu’au bout. On ne baissera pas les armes. Nous sommes les 8.500 qui avons porté Ouattara au pouvoir, on ne veut pas le faire partir mais il doit tenir sa parole. C’est simple », a-t-il ajouté.

Des coups de feu ont également été signalés dans la cité portuaire de San Pedro, plaque tournante de l’exportation de cacao, où, selon des habitants cités par l’agence Reuters, les commerces ont été fermés et les gens se sont réfugiés chez eux.

Les mutins réclament les reliquats des primes promises par le gouvernement après des mutineries de janvier, qui ont ébranlé le pays. À l’époque, ils avaient réclamé 12 millions de francs CFA de primes (18 000 euros) pour chacun d’eux, et obtenu le versement dès janvier de 5 millions de francs CFA (7 500 euros). Le pouvoir leur avait promis les 7 millions restants par tranche à partir de ce mois de mai.

Avec AFP et Reuters

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