Tout comprendre sur les événements de ces derniers jours à Bouaké

Démobilisés Bouaké
Mobilisés tués dans les rues de Bouaké, Mardi 24 mai 2017

Lundi 21 Mai 2017, Il était déjà midi passé quand un groupe de démobilisés fait mouvement, à pied vers le corridor Sud de Bouaké . Ni les éléments de la gendarmerie venus de Daoukro, Dimbokro, ni ceux de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et de la Brigade anti- émeute (BAE), venus d’Abidjan,ne les feront reculer. Ils prennent le contrôle du corridor et s’installent. Ce groupe, est rejoint plus tard par un autre, venu du cimetière. Ils tiennent même la herse des policiers. Ils sont catégoriques. Pour qu’ils quittent les lieux, ils exigent que le président de la République les appelle ou le Chef d’état-major ou le ministre de la défense pour leur dire quand est-ce qu’ils percevront leur argent. Le corridor restera sous leur contrôle toute la journée.

Très Tôt ce matin du mardi, un ordre formel vient d’Abidjan, plus précisément du ministère de l’intérieur. Les Forces de l’ordre doivent dégager les démobilisés par la force. Chose à laquelle ils s’attelleront immédiatement.
Dans un premier temps, selon des sources sur place, ils tenteront de déloger les démobilisés, en lançant des gaz lacrymogènes, mais en vain.C’était très mal connaître ces démobilisés qui ont usé de leur maîtrise de la stratégie militaire pour toujours occuper le corridor. La tension devient alors explosive. Les démobilisés semblent déterminer à occuper ce lieu, aux tirs des hommes en uniforme, ils répondent par des jets de pierre. D’autre tiennent en main des morceaux de planche prêt à se défendre en cas de corps à corps. C’est alors que, à la surprise générale, une déflagration assourdissante se fait entendre, suivie de plusieurs rafales. Une grenade vient d’être lancée et explose au milieu des démobilisés. C’est la consternation, une dizaine de personnes par terre, dont 3 morts sur le coups.
Cette réaction inattendue des forces de l’ordre créé une débandade généralisée au sein des manifestants. C’est le sauve qui peut. Le corridor se vide du monde qui l’occupait. Mission réunion pour les hommes en tenue.
Dans la foulée, le ministre de l’intérieur, Conscient de la gravité de l’acte qui venait d’être posé, se précipite et sort un communiqué pour fuire sa responsabilité . Il abuse d’un sinisme qui ne dit pas son nom, et renvoit la responsabilité aux démobilisés , dont un des leurs se serait joué les kamikazes au milieu de ses compagnons de lutte. Sadique!!!!
Sauf que une telle thèse aura du mal à passer. Et le ministre de l’intérieur doit en tirer toutes les conséquences.
Pire, il n’évoque même pas l’ouverture d’une enquête en vue de situer les responsabilités, or vu le bilan, une enquête doit impérativement être mené.
Sur des vidéos diffusées sur Facebook, on y voit bien, l’homme de main du ministre Ahmed Bakayoko au niveau de Bouaké. Un militaire du nom Amoudé en service au niveau du CCDO Bouaké. C’est lui qui commandait le détachement du CCDO au cours de l’opération.
On comprend dès lors l’embarras du ministre. Lui qui, en optant pour la barbarie voulait passer pour un dur à cuir et ne pas subir les mêmes critiques faites au ministre de la défense récemment.
Pourtant Des sources hospitalières citées par RFI annoncent des blessés par balle parmi la dizaine d’ex combattants admis dans leurs locaux . Ce qui contredit le communiqué du ministre qui lui souligne l’utilisation de moyens non létaux pour disperser les manifestants.
Pourquoi vouloir tronqué la vérité?
En tout état de cause, je pense que la lumière doit être faite sur ces meurtres. Oui il s’agit de meurtre. Ouvrir le feu et faire usage de Grenade offensive contre des personnes qui n’avaient pour seules armes que des morceaux bois pour certains, est un acte gravisisme.

Ryame Sarah Sehi

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