On a coutume de dire que le linge sale se lave en famille…Reconnaissons que cela est souvent prétexte  pour de la dissimulation et pour une inertie des pratiques, non ? Il est bon de temps à autre d’ouvrir les fenêtres pour chasser l’air vicié…de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière..

Agrosouscripteurs en colere contre l’Etat Ivoirien

Lors d’une précédente contribution, nous nous étonnions déjà du traitement par les gouvernants de la désormais célèbre affaire agrobusiness. Nous pointions un certain nombre de « flous » Cette affaire est devenue tellement fumeuse…pardon fameuse, que l’exécutif a été interrogé à ce propos durant un voyage en terre française. Et en dehors de toute décision judiciaire, le couperet est tombé, l’exécutif a dit et décidé qu’il s’agissait ici d’ « une vaste escroquerie ». Revenons brièvement sur les éléments délictuels reprochés aux structures : - soupçon d’escroquerie : en l’absence de plainte d’investisseur, il a été décidé d’effectuer une enquête où il a été conclu qu’à défaut de comprendre ce modèle, on augure qu’il s’écroulera et qu’il faut donc arrêter les frais…n’importe quel béotien sait très bien qu’un système pyramidal ou de Ponzi, surtout aux taux pratiqué par les structures d’agrobusiness, ne tiendrait pas 2 ans…rappelons quand même que certaines de ces structures sont en activité depuis plus de 5 voire 8 ans… Nous avons pu voir lors du seul débat télévisé (sur ce sujet) sur notre bonne vieille télévision d’état, un « expert agronome » soutenir avec force et énergie que la structure phare de l’agrobusiness ne disposait pas de champs ou du moins très peu de surface exploitée. Là encore, des documents circulant sur les réseaux sociaux, de photos de certains documents signés par les ministères compétents attestent de la non véracité de cette accusation. -soupçon de blanchissement d’argent : comme dirait l’autre, on ne peut accuser quelqu’un de faire du Ponzi et l’accuser en même temps de blanchir de l’argent…question de bon sens…bref ! Il est important de rappeler ici que depuis 2016, ces structures étaient soumises aux normes KYC (know your customer), enjoignant à chaque entité de savoir l’origine de fonds de partenaires commerciaux et prévenant ainsi les risques de blanchiment. C’est donc au moment où ces structures s’y conforment, en plus en exigeant de leurs investisseurs d’effectuer les transactions financières par le truchement des banques, qu’il leur est reproché d’inciter et/ou favoriser le blanchiment d’argent. -soupçon d’appel public à l’épargne : cette fois il y a une subtilité, une nuance importante à apporter, d’ailleurs le patron de la Bourse l’a indiqué, selon la définition admise par tous, la collecte effectuée par ces structures auprès des investisseurs n’est pas assimilable à un appel public à l’épargne qui se pratique en général sur un marché financier lors de transactions concernant les actions et obligations. Néanmoins, par cette collecte de l’épargne du public, il paraît important d’astreindre ces structures à un niveau adéquat de mesures semblables aux garanties que les établissements apportent à la BCEAO, permettant de sécuriser et garantir les transactions financières de cet ordre. Il est intéressant d’ailleurs de préciser ici que tout investisseur, de bonne foi, ayant fait affaire avec ces structures qui ont été encouragées, promues par les autorités, qui ont pu signer des conventions commerciales d’affaires avec l’aide et la bénédiction du gouvernement ; pourrait s’il est victime effectivement des griefs recensés contre ces structures porter plainte contre les autorités et les banques pour complicité dans la commission de ces infractions.. Que s’est-il passé depuis ? Le GTA (groupe de Travail sur l’agrobusiness) composé du système bancaire, du Trésor, de la désormais tristement célèbre police économique et des services techniques du ministère des Finances représenté par le très cher (c’est-à-dire coûteux) Drissa Koné ; a laissé place au Comité de Veille. (Rassurons-nous, on prend les mêmes mais on change juste de nom) Rien n’a vraiment changé, les structures continuent de ne pas être consultées, les investisseurs sont de temps à autre invités à écouter, quand la parole leur est donnée, c’est pour bien sûr absolument ne pas en tenir compte. D’ailleurs c’est au cours d’une de ces fameuses réunions où il leur avait été demandé de faire des propositions de remboursements qu’ils ont appris à la sortie de celle-ci les conditions infâmes de remboursement. Les velléités de rencontre de ces représentants avec l’ensemble des investisseurs a d’ailleurs, comme toujours été réprimées puis dorénavant interdites. La conférence de presse de l’association ASM en présence de l’avocat de celle-ci, en une salle privée d’un hôtel a été interrompue par la Police, ordre direct du sommet…snif.. Les dernières tentatives de protestation des investisseurs, souffrant de voir une vie d’épargne engloutie a donné lieu à des dispositifs policiers impressionnants…on comprend maintenant pourquoi Abidjan est une des villes les plus sures d’Afrique où il n’y a absolument pas de gang terrorisant la population… Pendant ce temps, le Procureur de la républ… enfin, le procureur quoi, nomme un administrateur séquestre (sic) chargé de veiller à ce que les comptes bancaires de sociétés privées soient utilisées pour effectuer un remboursement après un recensement qui a donné lieu à une publication sur internet de listes de ces personnes avec force détails concernant la vie privée de celles-ci…On a pu constater que certains investisseurs, pour ne pas dire la majorité se retrouve avec un « remboursement » représentant 0,04% à 12 % du capital investi…fichtre…La protection de l’état coûte chère…Il devient incompréhensible de comprendre pourquoi les autorités ont refusé de laisser lesdites structures payer leurs investisseurs si c’est pour récupérer 60 000 fcfa quand on a investi 1 500 000..cruel… Intéressant d’ailleurs de noter que le liquidateur choisi par le Procureur est…suspens…suspens…Drissa Koné, déjà en charge de la liquidation il y a quelques temps des entreprises de téléphonie…On espère que les mauvaises langues ne trouveront pas matière à médire…. Il semblait que la messe soit dite…jusqu’à ce qu’apparaisse l’avocat de la plus grande structure qui après une mise en demeure des banques en raisons des procédés illégaux quant au gel de ses comptes, porte l’affaire en justice. Il est question d’astreinte et de dédommagement importants…Les semaines à venir indiqueront la réaction des banques et surtout des autres acteurs économiques de ce pays ou des investisseurs d’autres domaines d’activité vis-à-vis d’entités à qui on confie ses avoirs et qui mettent cela à disposition de tiers fut-il le gouvernement, sans décision d’un juge de siège et sans qu’il n’y ait eu procès. Tout le monde reste attentif. Déjà les documents montrant la collusion entre les autorités et les banques, et surtout leur implication dans cette activité d’agrobusiness sont scrupuleusement étudiés afin de pouvoir faire la lumière sur la responsabilité de chacun. Le livre blanc qui est la contre-expertise au rapport du GTA, rédigé par le SIIABCI avec l’aide de l’organisation 2ID circule déjà dans les chancelleries et organisations non gouvernementales Il apparaît désormais que les investisseurs ne pouvant manifester sans être dispersés, explorent la voie judiciaire à leur tour. Des cabinets d’avocat à Abidjan et en France sont approchés par les associations et syndicat des investisseurs. N’oublions pas que des européens, des africains à l’instar de leurs camarades ivoiriens s’estiment lésés dans cette affaire. Le collectif rassemblant la diaspora africaine et les investisseurs européens, s’organise sur les réseaux sociaux et autres, afin de passer à l’offensive. Une adresse mail (action.justice.rsi@gmail.com) est constituée afin d’agréger les demandes de ralliement à l’action. Il était temps que la justice s’en mêle. Les prochaines semaines s’annoncent passionnantes, intéressantes. C’est sûr, il va s’agir d’un test grandeur nature de la IIIème République.

Julien & Mahamadou Diarra

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