Le rapport de la commission nationale d’enquête sur les événements du 16 septembre au Burkina-Faso, relatifs à la tentative de coup d’Etat du Général Gilbert Diendéré, a été rendu publique par la Lettre du continent.

Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, est soupçonné d’être l’un des soutiens extérieurs de Diendéré

Si ce rapport passe sous silence les conversations téléphoniques qui auraient eu lieu entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro et l’ex-ministre des affaires étrangères Burkinabé, le Général Djibril Bassolé, il confirme toutefois l’accusation selon laquelle ce dernier aurait « établit des connexions avec des forces étrangères pour soutenir le coup d’Etat. »  Djibril Bassolé est aussi accusé d’avoir « financé la résistance des militaires du RSP. »

La commission d’enquête affirme donc que les putschistes et leur complices civils et militaires ont « bien bénéficié d’un appui extérieur. » En effet, « selon les renseignements obtenus, le Général putschiste a bénéficié d’un soutien extérieur. Il s’agit de la caution morale et politique des certaines personnalités étrangères et de la fourniture de matériels de maintien d’ordre pour réprimer ceux qui manifestaient contre le coup d’Etat. » Il s’agit de personnalités politiques de Togo et de la Côte d’Ivoire, comme révélé à la page 23 du rapport. Diendéré aurait aussi reçu un « sac d’argent en provenance de la Côte d’Ivoire, contenant environ 160 millions F CFA. Il aurait affirmé « avoir reçu cette somme des mains d’amis » sans en dire d’avantage.

Dame Fatimata Thérèse Diawara, est-elle accusée d’être « rentrée en contact avec des officiers supérieurs et un officier général de la Côte d’Ivoire pour soutenir le Général de Brigade Gilbert Diendéré » et aussi « d’avoir contacté le Général de Brigade Djibril Bassolé pour obtenir de l’argent afin de soutenir les militaires du RSP »

Aussi le rapport ne manque-t-il de relever l’initiative décisive des jeunes officiers dans le dénouement de la crise, comme déjà révélée par votre site www.leadernews.net, dans un article consacré aux jeunes officiers qui ont fait tomber Gilbert Diendéré.

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À la lecture du rapport de la commission nationale d’enquête sur les événements relatifs au coup d’Etat du 16 septembre, plusieurs éléments ramènent vers la Côte d’Ivoire, en termes de soutiens logistiques et financiers aux putschistes. L’implication de certaines personnalités politiques et militaires ivoiriennes dans cette tentative de déstabilisation du Burkina ne semble donc souffrir d’aucun doute. La question fondamentale qui reste posée, est celle, de savoir si les autorités Burkinabés auront suffisamment de courage politique pour engager des poursuites judiciaires contre ces personnes, quand on sait tous les intérêts stratégiques qui soutiennent les relations entre ces deux pays.

Lire le rapport de la commission d’enquête dans son entièreté ici

Hervé Christ

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