Salif Diallo, vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti désormais au pouvoir au Burkina, a été élu mercredi, à Ouagadougou, président de l’Assemblée nationale burkinabé.

Salif Diallo, nouveau président de l'Assemblée nationale du Burkina, lors d'un meeting du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP)
Salif Diallo, nouveau président de l’Assemblée nationale du Burkina, lors d’un meeting du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP)

Tombé en disgrâce sous le régime de Blaise Compaoré, Salif Diallo est aujourd’hui persona none grata pour l’ex-président déchu et ses soutiens, notamment Abidjan, qui a tôt fait de l’accuser de tous les maux… Un proche de Ouattara aurait confié récemment à Jeune Afrique qu’il serait celui qui tire les ficelles du mandat d’arrêt lancé le 21 décembre contre Compaoré.

Il a obtenu 78 voix contre 43  pour Adama Sosso, l’unique candidat, présenté par l’Union pour le progrès et le changement (UPC). 4 bulletins nuls ont été enregistrés sur les 125 votants. Après donc avoir erré dans le désert de CompaoréSalif Diallo, 58 ans, ancien ministre de l’agriculture, est apparemment ressorti triomphant du « désert » que l’ex-président déchu lui a fait traverser.

Lire aussi Exclusif: À écouter le nouvel enregistrement qui confond Soro et Bassolé

Après son élection, Salif Diallo a souhaité lors de son adresse à ses pairs députés, que ceux-ci soient les députés des pauvres.

Nous devons mener notre mission en nous collant le plus possible aux aspirations du peuple. (…), cette assemblée doit être une assemblée du peuple travailleur, une assemblée de la majorité pauvre surtout que plus de 48% de notre population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Nous ne devons pas être des députés pour uniquement voté des lois mais pour pousser l’action gouvernementale vers la satisfaction des aspirations et des intérêts supérieurs du peuple : la création d’emploi pour la jeunesse, l’eau potable pour les paysans, la liberté économique des femmes et la santé pour tous.

Au terme de notre mandat, nous devons être à l’image du peuple, non pas ressortir de l’Assemblée comme des bourgeois repus, mais avec la marque du peuple.

Sur les 127 deputés qui doivent siéger, deux  n’ont pas assister à cette session de validation du mandat des nouveaux députés. Il s’agit du député du MPP, Lamine Bayiré et celui du MDA, Amadou Hall, tous deux détenus à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) pour présomption d’escroquerie dans des affaires différentes.

Avec Cherif Sy, président du Conseil national de transition (CNT),  Salif Diallo, encore appelé Gorda, a été cité parmi les personnes à abattre dans des écoutes téléphoniques relatives à la tentative de coup d’Etat manqué de septembre dernier.

Christine Zoleba

Réagissez à cet article

commentaires