Le PIB de l’économie sud africaine s’est contracté de 0,7 % au premier trimestre après -0,3 % fin 2016

Outre la récession, l’Afrique du sud fait face à une montée des inégalités. Ce qui en fait l’un des pays les plus violents du monde – AFP/ GIANLUIGI GUERCIA

Avec un PIB en recul de 0,7 % au premier trimestre 2017, l’économie sud-africaine est officiellement entrée en récession. Ce résultat fait en effet suite à une première contraction de 0,3 % du PIB au quatrième trimestre 2016. « L’économie sud-africaine est entrée en récession », a confirmé l’Office national des statistiques sud-africain (Stats SA). L’annonce de cette récession a immédiatement fait chuter le rand (-1,5% face au dollar), la très volatile devise nationale.

Le recul du premier trimestre de cette année a pour principale origine les faibles performances de la production électrique (-4,8%) et manufacturière (-3,7%). Le secteur tertiaire en recul de 2% contribue également à ces mauvais résultats. Seuls, les secteurs minier (+12,8%) et agricole (+22,2%) sont dans le vert, en forte reprise après une difficile année 2016.

Chômage élevé

Enfermée dans une croissance atone depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud enregistre cette contre-performance notoire précisément au moment où l’ensemble du continent prépare, lui, son décollage. La contraction du PIB est d’autant plus préoccupante qu’elle s’accompagne d’un taux de chômage élevé (27,7 % de la population), que les fermetures d’usines se succèdent les unes aux autres. Le constructeur automobile américain General Motors a récemment annoncé son intention de quitter le pays, où il possède plusieurs usines, tandis que le géant minier Anglo American compte supprimer 2.000 emplois dans deux sites du pays. Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que d’autres grands émergents comme le Brésil sont eux aussi en phase de redressement.

Croissance en dents de scie

Pretoria avait jusque-là toujours réussi à échapper de justesse à la récession, affichant selon les années un taux de croissance en dents de scie. Il faut remonter à 2009 pour retrouver pareille situation. Au coeur de la crise financière mondiale, le pays a connu trois trimestres consécutifs de récession. C’était alors une première pour Pretoria depuis la fin du régime de l’apartheid en 1994.

Limogeage du ministre des Finances

Pour l’Afrique du sud, ce résultat est d’autant plus préoccupant qu’il survient deux mois seulement après le limogeage controversé du très respecté ministre des Finances Pravin Gordhan . Il avait la confiance des milieux d’affaires et des marchés financiers, mais était en même temps l’un des adversaires du président Jacob Zuma. Dans un remaniement d’ampleur, ce dernier l’a brutalement évincé pour le remplacer par Malusi Gigaba, un de ses proches. Mais ces changements de personnes n’ont convaincu personnes. D’ailleurs, deux agences de notation financière ont sanctionné cette décision en dégradant le pays.

MdeGrandi

 

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