Guillaume-Soro

Soro Guillaume est cité dans plusieurs affaires judiciaires en cours dans différents pays. En attendant d’en connaître les issues, nous vous proposons un rappel de celles-ci.

En France, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne avait été convoqué le 21 octobre par la juge Sabine Khéris, dans le cadre de la plainte portée en 2012, à Paris, par Michel Gbagbo pour  » Enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Pour cette affaire, Soro Guillaume a été convoqué en tant que témoin assisté. Mais les avocats de celui-ci ont réussi à faire reporté l’audience, invoquant son immunité parlementaire et son implication dans la campagne d’Alassane Ouattara. Pour eux, une telle convocation. à quelques jours de l’élection présidentielle, pourrait déclencher des tensions politiques en Côte d’Ivoire. Cet argument semble avoir convaincu la juge française en charge de l’affaire.

Au Burkina-Faso, les juges, en charge de l’enquête sur le putsch manqué de Gilbert Diendéré, s’intéressent à l’ex-chef des forces armées des forces nouvelles (FAFN). En effet, ils sont convaincus de l’implication de celui-ci et de son entourage immédiat, dans ce coup d’Etat. Le 06 octobre, le domicile de Soro Guillaume à Ouaga 2000 avait été perquisitionné. Les magistrats Burkinabés détiendraient plusieurs éléments les confortant dans leur certitude. En effet, ils auraient en leur disposition des éléments de preuves établissant que le propriétaire du site pro-putschiste Ofaso.net est aussi celui de Guillaume-soro.tv. Ils disposeraient aussi de traces de contacts téléphoniques réguliers entre le Général Djibril Bassolé et l’ex-chef rebelle. C’est l’un de ces appels passés au président de l’Assemblée nationale ivoirienne qui est au cœur de la procédure judiciaire. Il aurait eu lieu deux jours avant l’interpellation de Bassolé et aurait duré une quinzaine de minutes. Cette conversation aurait été enregistrée alors que les unités loyalistes de l’armée contrôlaient la capitale et que le régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’était replié dans son camp de Naaba Koom, derrière le palais de Kosyam. Soro Guillaume y aurait proposé à Bassolé un appui financier aux putschistes en déroute. Il lui aurait proposé de l’argent pour « remotiver » les hommes du RSP et financer des attaques sporadiques de mercenaires contre des casernes burkinabés, situées notamment près de la frontière ivoirienne, pour forcer les militaires loyalistes à desserrer leur étau autour de Naaba Koom. Les mêmes sources affirment que Bassolé aurait « approuvé » ce plan et suggéré que deux de ses proches se rendent dans le nord de la Côte d’Ivoire pour récupérer l’argent, le 29 septembre. Il sera finalement arrêté le jour même.

Si le président de l’Assemblée nationale ivoirienne ne nie pas avoir eu plusieurs contacts téléphoniques avec  »son frère » Djibril Bassolé, pendant cette période, il ne se reconnaît pour autant pas dans les contenus que les autorités Burkinabé leur donnent. Il dénonce une  »manœuvre d’intoxication ».

Ce sont donc des semaines à venir chargées d’affaires judiciaires qui attendent le PAN Soro Guillaume. Et bien évidemment, nous y reviendrons.

Hervé Christ

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