Quatorze personnes briguent la magistrature suprême au Burkina, ce jour, 29 novembre 2015. Parmi eux deux candidats font figure de favoris. Il s’agit de Zéphirin Diabré et Roch March Christian Kaboré. Qui sont-ils? Quelles sont leur chance? Découvrons-les ensemble.

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Zéphirin Diabré, le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC)

Chef de file de l’opposition contre le projet de modification constitutionnelle en 2013 et en 2014, Zéphirin Diabré a longtemps fait figure d’opposant numéro un à Blaise Compaoré. Aujourd’hui parmi les favoris pour succéder à ce dernier au palais de Kosyam, le candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) a fait de la lutte contre la corruption l’une des priorités de son programme.

Formé à l’École supérieure de commerce de Bordeaux (France), il a rejoint le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de « Blaise », et a occupé les fonctions de ministre du Commerce, de l’Industrie et des Mines (1992-1994), puis de l’Économie et des Finances (1994-1996), avant de prendre la présidence du Conseil économique et social (1996-1997). Il rejoint ensuite le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à New York (1999-2006), puis le siège du groupe français Areva, dont il sera le « Monsieur Afrique » (2006-2011).

En mars 2010, désireux de revenir en politique dans son pays, le Burkina, Zéphirin Diabré crée l’UPC. Deux ans plus tard, à l’issue des législatives et municipales de 2012, son parti apparaît comme la deuxième force politique du Faso, avec 19 députés et 1 615 conseillers municipaux. Fort de l’ancrage local de l’UPC et de son image d’opposant engagé depuis plusieurs années contre le régime de Blaise Compaoré, Diabré le libéral, qui ne s’est encore jamais présenté à une présidentielle (il s’estimait trop jeune en politique en 2010) pourrait bien atteindre son but dès son premier essai.

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Roch Marc Christian Kaboré, le candidat du Mouvement du peuple pour le progrès

Secrétaire exécutif (1999-2003), puis président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de 2003 à 2012, Roch Marc Christian Kaboré a longtemps été considéré comme le dauphin de Blaise Compaoré. Plusieurs fois ministre depuis 1989, notamment Premier ministre (1994-1996), puis président de l’Assemblée nationale (2002-2012), cet ancien fidèle parmi les fidèles de l’ex-président Compaoré a basculé dans l’opposition le 4 janvier 2014, en même temps que deux autres ténors du régime, Salif Diallo et Simon Compaoré.

Opposés à la volonté du chef de l’État de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, Kaboré et ses deux compères ont démissionné du CDP, rejoint ses détracteurs et fondé le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Présenté comme l’un des deux grands favoris de la présidentielle d’octobre, avec Zéphirin Diabré, le social-démocrate Kaboré dispose de plusieurs atouts qui pourraient faire basculer la balance en sa faveur : une solide expérience à la tête de l’État, le soutien d’une machine partisane bien rôdée, ainsi qu’un réseau de connexions influentes dans la sous-région. Le candidat du MPP devra néanmoins convaincre une partie des nombreux Burkinabè qui voient toujours en lui un ancien pion du régime Compaoré. Quant aux proches de « Blaise », qui considèrent les trois fondateurs du MPP comme des traîtres responsables de leur chute, nul doute qu’ils feront tout pour l’empêcher de s’installer dans le fauteuil présidentiel.

Source JA

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