Le 14 avril 2016, deux ans jour pour jour après l’enlèvement de 276 lycéennes dans la ville de Chibok par le groupe terroriste Boko Haram, seulement 57 d’entre elles ont été retrouvées, soit parce qu’elles s’étaient enfuies des mains de leurs ravisseurs, soit après l’intervention de l’armée nigériane.

C'était le 07 mai 2014, Michele Obama joignait sa voix à la grossse campagne pour la libération des filles de Chibok.
C’était le 07 mai 2014, Michelle Obama joignait sa voix à la grossse campagne pour la libération des filles de Chibok.

A la veille de ce triste anniversaire, Boko Haram a envoyé une « preuve de vie », sous la forme d’une vidéo, que s’est procurée la chaîne américaine d’information CNN, et qui montre une quinzaine de jeunes filles recouvertes d’un hijab noir, qui donnent leur nom, assurent avoir été enlevées à Chibok et précisent la date de l’enregistrement, le 25 décembre. Selon CNN les 15 adolescentes ont été identifiées par des proches, des parents ou des camarades de classe. Il s’agit de la première vidéo permettant d’établir que certaines des jeunes filles enlevées sont toujours en vie, depuis celle diffusée par Boko Haram en mai 2014. Selon les informations de l’Agence France-Presse (AFP), des membres de Boko Haram auraient pris contact mi-janvier avec le gouvernement, réclamant des discussions sur un possible échange de prisonniers. Le gouvernement ayant demandé une « preuve de vie », il aurait d’abord reçu cinq photos de certaines des otages, puis cette vidéo.

En dépit des manifestations hebdomadaires à Abuja d’une poignée de militantes, à la manière des mères de disparues en Argentine, malgré l’écho très médiatique donné à ce rapt collectif par l’intermédiaire des réseaux sociaux, autour du mot dièse #BringBackOurGirls, affiché par des personnalités du monde entier jusqu’à Michelle Obama, les dizaines de jeunes filles, celles de Chibok et les autres, toujours aux mains de leurs ravisseurs, restent comme oubliées du monde, et ne semblent plus une priorité des organisations internationales.

Dans leur pays même, l’affaire ne fait plus recette. Le sujet est à peine effleuré durant la campagne présidentielle de mars 2015 au Nigeria. Loin de la capitale nigériane, les militant-es pensent même que leurs dirigeants préfèreraient voir disparaître celles et ceux qui continuent à rappeler le sort des lycéennes.

Les proches des lycéennes se rassembleront ce jeudi 14 avril 2016, à Chibok, pour commémorer la disparition des jeunes filles. Ils demandent aussi à l’Etat nigérian de reconstruire le lycée. Nombre d’habitants pensent que l’Etat les a abandonnés. Le lycée est resté détruit depuis le passage de Boko Haram. Depuis, les élèves de Chibok n’ont plus d’école.
D’autres rassemblements sont prévus un peu partout dans le monde. En France, la coordination « Je suis Chibok » (référence à « Je suis Charlie ») appelle à un rassemblement à Paris, Place de la République à 18h30, le mercredi 13 avril  2016.

Extrait d’un article de TV5 monde

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